Le jeune Marseillais de notre Olympique de Marseille a adressé la passe décisive pour la victoire des Bleus sur l'Autriche. Pour son premier match avec les Bleus, Samir Nasri n'a pas
semblé intimidé par la situation, loin de là. Il a, comme à son accoutumée, bien orienté le jeu
français et a étalé sa classe technique.
Virevoltant et lumineux à la fois, émouvant pas sa jeunesse et son insouciance, sa réussite.
La première apparition de Samir Nasri sous le maillot bleu a été un franc succès, on l’attendais
déjà contre la Lituanie, mais cela a été partie remise, mais quelle partie.
Techniquement, tactiquement, psychologiquement, le petitOlympien devra savoir digérer tout
ça et mesurer l'attente. Car s'il n'est pas Zinédine Zidane et s'en défend, il y avait dans l'amour
que le public lui a porté hier soir, la probable recherche d'un « Zizou » de substitution, le même
amour que le même public avait apporté à un autre Marseillais, absent des débats de cette
soirée : Franck Ribéry.
Les spectateurs cherchent des joueurs à aimer, à aduler, à idôlatrer. Et Samir a tout pour plaire,
il a tout d’un « grand ». Tout a démarré très tôt. Sans que Samir ne s'en rende compte ;
les joueurs sortaient à peine pour s'aventurer dans les longs couloirs du Stade de France, le
préposé au micro égrenait les noms des Bleus dans l'ordre des numéros. Arrivé presque à la
fin, il annonça : "On le salue, pour sa première sélection, le numéro 22...".
Avant de prononcer son nom, un murmure était monté des tribunes, se transformant en
acclamation sur le "...Samir Nasri." Le jeune Marseillais n'allait attendre que trente secondes
pour entrer en action et tirer son premier corner sur la tête de Julien Escudé. Un geste
annonciateur d'un rôle sans restriction. Coups francs, corners, tout pour lui. Et mieux qu'à l'OM !
Là, il devait régulièrement trouver la tête de Julien Escudé, Djibril Cissé, Abou Diaby, avant de
faire l'offrande à son copain de promotion, Karim Benzema, d'un petit bijou à ras de terre que le
jeune Lyonnais transformait en but.
Le public du Stade de France, si peu partisan qu'il a sifflé, au fil des ans, des Bleus tels que
Christian Karembeu, Franck Leboeuf, Fabien Barthez, Vikash Dhorasoo ou maintenant Djibril
Cissé, n'a que faire des murmures. C'est tout ou rien. Avec samir Nasri, Marseillais ou pas,
ce fut tout.
Sorti sous les vivats du peuple du Stade de France
Séduits par les arabesques, les contrôles orientés, les passes précises dans la course de
François Clerc, les replis défensifs et même un coup d'épaule sur le grand Stranzl, étonné, les
spectateurs scandaient son nom au bout de vingt minutes, alors qu'un centre de François Clerc
avait trouvé Samir à l'entrée de la surface pour une volée, passant tout juste à gauche des buts
autrichiens. Le même frisson devait passer à l'heure de jeu sur un tir tendu encore un peu trop
à droite. Tandis que l'annonce du remplacement de Djibril Cissé par Karim Benzema avait été
source de huées pour le sortant, celui de Samir Nasri par Florent Malouda, à la 69e minute, était
encore l'occasion d'une salve d'applaudissements chaleureux. Le nom du Marseillais allait
encore être scandé dans les secondes suivantes. Première sélection, première séduction,
première passe décisive. Il y en aura d'autres, assurément, à quand la suite ?