Edito: Cinq raisons d'espérer, cinq pour ne pas s'enflammer |
A peine 2 matchs, et l'OM se retrouve déjà leader de la L1. 4 buts marqués, 0 encaissé, et c'est tout un peuple qui se prend à rêver. A Marseille plus qu'ailleurs, l'ébullition est un état permanent, et le soleil du mois d'Août n'est pas le mieux placé pour calmer les ardeurs. Pourtant, s'il y a beaucoup de positif, le club phocéen doit savoir garder les pieds sur Terre. Planète Marseille fait le point avec vous sur 5 des raisons d'être optimiste, et 5 des motifs, sinon d'inquiétude, tout du moins méritant une attention particulière sans quoi l'OM risque gros.
5 raisons d'espérer :
- L'état d'esprit
Un « supplément d'âme ». José Anigo a été promu par Christophe Bouchet pour cela. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'OM a retrouvé des vertus qui ne l'avaient plus caractérisé depuis des années. Combativité, abnégation, « on lâche rien et on craint dégun », l'OM 2004/2005 démarre sur les mêmes bases que l'OM 2003/2004 version Anigo. Et on ne peut que s'en réjouir, tant d'une part ces valeurs ne font de mal à aucune équipe, et tant d'autre part elles conviennent particulièrement au Stade Vélodrome et aux porteurs du mythique maillot blanc. Le public se reconnaît dans ses joueurs et il le leur rends bien : un stade plein comme un oeuf pour les deux matchs inauguraux et une ambiance rarement démentie. Vraiment, l'OM a retrouvé du coeur. Une âme.
- 2 matchs à domicile bien maîtrisés
Débuter par 2 matchs à domicile, certains trouveront ça plus facile. Mais il faut bien garder à l'esprit deux paramètres. D'abord, pour toutes les équipes et à tout moment de la sison, réussir la passe de deux lors des 2 matchs consécutifs à domicile est assez rare. Ensuite, à Marseille plus qu'ailleurs, la pression populaire et médiatique est énorme. De ce fait, démarrer 2 fois au Vélodrome n'est pas qu'un avantage. Et quand on modifie les 7/10èmes de l'équipe type, avec de nombreux nouveaux joueurs n'ayant jamais porté le maillot blanc en match officiel auparavant, cela ne fait qu'ajouter à la difficulté. L'OM peut donc se féliciter d'avoir évité ces pièges et d'avoir surmonté la pression. 6 points en 2 matchs. Certains diront « Normal ». Mais on peut aussi dire « Chapeau ! ».
- L'intégration et l'influence des nouveaux venus
Cela n'aura échappé à personne. Benoît Pedretti élu homme du match lors d'OM/Lille, alors qu'Habib Bamogo l'avait été pour OM/Bordeaux. L'énorme activité d'Eduadro Costa, ponctuée d'un but. La bonne rentrée de Bixente Lizarazu. Les bonnes dispositions de Frédéric Déhu. Ou la progression de Peggy Luyindula... Tous ces nouveaux joueurs s'intègrent d'une façon général très bien à l'Olympique de Marseille. Est ce dû à leurs propres qualités d'adaptation, à la patte Anigo, au staff, à l'ambiance déjà saine qui régnait dans le groupe l?année dernière? Ou est-ce un mix de toutes ces raisons ? Toujours est-il que l'OM peut d'ores et déjà s'appuyer sur ses recrues, dès ce mois d'août, et ce n'est pas la pire des nouvelles. Quand on sait que Bruno Cheyrou était encore qu'à 50% de ses moyens pour ces premiers matchs, d'où son poste de remplaçant, on a de sérieux motifs d'espoirs.
- L'animation offensive naissante
Contre Bordeaux, elle fut pas loin d'etre inexistante, ou du moins très lointaine des buts adverses et finalement peu efficace. Mais contre Lille, on a pu constater un très net mieux. La première mi temps notamment fut de l'avis général de toute beauté. Qualité de passe, alternance jeu cours, jeu long, participation des milieux défensifs à l'animation, permutation incessantes des attaquants, rôle plus adapté pour Luyindula... Si la saison se passe sur le même tempo et continue sa progression, l'OM donnera le tournis à bien des défenses, c'est une certitude !
- La solidité défensive
Que ce fut avec Dehu et Olembe ou avec Hemdani et Lizarazu, l'OM n'a pas pris de but. Nous devons nous garder de tout triomphalisme, sachant notamment que les 2 équipes qui ont rendu visite aux marseillais ont plutôt déjoué que joué et ont surtout cherché à se replier à l'arrière plutôt qu'à inquiéter Barthez. Mais, est-ce dû totalement à l'apathie adverse ? Ou alors le bloc défensif de l'OM est il déjà solide ? Il y a fort à parier qu'avec l'expérience de Dehu, Ferreira et Lizarazu, le talent de Beye et Meité, et l'énorme travail et complémentarité de Pedretti et Costa, auxquels on peut ajouter les talents d'Hemdani, N'Diaye Sylvain et N'Diaye Leyti... L'OM n'est pas loin de la vérité à ce niveau. Et en dernier ressors, le gardien Champion du Monde et d'Europe veille toujours au grain.
5 raisons de calmer l'euphorie ambiante :
- La victoire sur Bordeaux très chanceuse
6 points, oui, mais il ne faut pas oublier qu'à 20 secondes près, l'OM n'en compterait que 4. Laurent Battles a tiré son club d'une bien mauvaise posture pour son premier match de la saison. Le tout se déroulant alors que l'OM avait déjà une supériorité numérique depuis plusieurs dizaines de minutes. Oui, l'OM a frôlé la panne face aux Girondins, et il faudra s'en souvenir, sous peine de désillusions.
- La victoire sur Lille en trompe l'oeil
Une différence de +4 et une place de leader ? Certes. Mais à qui doit on tout cela ? A l'agressivité mal placée des Lillois, principalement. Sans eux, l'OM se serait sans doute imposé, et l'aurait mérité, sans discussion possible. Mais plutôt 1-0 que 3-0. Les 2 buts inscrits à 11 contre 9, dans une défense en pleine panique et sur 2 cafouillages ne doivent pas faire croire que l'OM a déjà trouvé les clefs du jeu.
- Une efficacité encore inconnue à l'extérieur
Forcement, à vouloir faire un premier petit bilan après 2 matchs à domicile, on ne peut savoir quel sera le comportement de l'OM à l?extérieur. Et c?est bien pour cela qu'il nous faut raison garder. Autant les matchs à domicile, notamment au Vélodrome, ne sont pas faciles, autant le contexte de l'extérieur est bien différent et est souvent encore moins facile. Quelles seront les capacités de l'OM loin de ses bases ? Quelle sera sa capacité à réagir à la pression d'une équipe, alors que jusque là les adversaires sont restés la plupart du temps tapis dans leurs 40 mètres ? Quel sera son comportement lorsqu'un 1er but sera inscrit contre ses couleurs ? Oui il reste encore bien trop de questions sur notre OM 2004/2005 pour fanfaronner.
- Des incertitudes tactiques
Défense à 4 ou 5 ? Attaque à 2 ou 3 ? Marlet à gauche ou à droite ? Quid de Cheyrou ? Battles éternellement remplaçant ? Et quand Mido reviendra ? L'organisation de l?OM est un éternel débat de comptoir dans tous les bars et les pubs marseillais. Mais il faut bien avouer que, parfois, les questions sont légitimes. Contre Lille, José Anigo avait choisit : défense à 4. Mais la blessure de Frédéric Déhu a poussé l'entraîneur à changer d'idée... pour finalement ne pas changer de tactique : 5-2-3 comme lors de la première journée. Pour autant, cette anecdote montre bien que le débat ne fait que commencer. Et les tâtonnements, quand ils interviendront, risquent de poser problème à l'équipe. Quelle sera sa capacité d'adaptation ? Mystère.
- Un sureffectif à gérer
Si des joueurs comme Olembe, Léo, Ecker, Leyti N'Diaye ou Koke semblent promis au banc et semblent l?accepter logiquement, quel sera le rôle de Battles, Sylvain N'Diaye, Hemdani, Mido, Cheyrou ? Et s'ils jouent, à la place de qui ? Toute équipe ambitieuse doit affronter ces soucis, mais ce n'est pas pour autant que la question se règle d'elle même. C'est un défi permanent pour tout entraîneur que de réussir à impliquer tout le monde tout en effectuant ses choix. L'OM 2004/2005 a certes un magnifique effectif, mais il ne sera réellement magnifique que si chaque joueur le composant est impliqué, motivé et satisfait par son rôle. Un vrai casse-tête en somme.
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