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Edito: L'OM est-il guéri ? |
La vie de l'Olympique de Marseille n'est pas un long fleuve tranquille. Ce n'est certes pas une révélation, mais il faut reconnaitre que cette saison 2004/2005 ne déroge pas à cette immuable règle. Non, à Marseille, on ne fait décidemment pas les choses comme ailleurs. Le club n'a encore jamais été décroché en championnat, au regard de ses objectifs (une des 3 premières places), mais il a eu le temps de traverser plusieurs crises, une démission de son entraineur, une démission de son président, une grève des supporters et des échecs retentissants dans son recrutement, sans compter de très très piètres performances en Coupes nationales.
Face à un tel constat, on se demande comment alors l'OM peut aujourd'hui afficher sa fierté retrouvée et son ambition presque intacte, à l'orée de cette année 2005. Il faut bien avouer qu'un voyant nous auraient prédit que l'OM gagnerait 4 points dans son périlleux double déplacement chez le duo de tête de la L1, Lyon et Lille, avant de confirmer enfin à domicile en livrant une prestation ultra-convaincante, peu de nous l'aurions cru. Mais à l'OM, la culture du paradoxe est un sport national !
Alors voilà, aujourd'hui notre OM est plus que jamais dans le bon wagon de ce championnat, et affiche ses premières certitudes techniques, tactiques et comptables. En faire le tour permet de voir qu'il y a matière à espérer, mais surtout, surtout à ne pas s'enflammer.
L'attaque
Dans l'attaque de l'OM 2004/2005, il y a deux internationnaux, Marlet et Luyindula, et deux espoirs, Bamogo et Koke. Et jusqu'à il y a peu encore, ce sont les espoirs qui ont maintenu à flot le club. Bamogo en faisant taire ceux qui le qualifiaient de "Bakamogo", et Koke en se révélant sous nos yeux ébahis, notamment contre Monaco et Saint-Etienne au Vélodrome. On peut s'en féliciter, mais c'était aussi symptomatique de ce "syndrome" déjà abordé ici même il y a quelques semaines, syndrôme qui veut que les joueurs confirmés ne confirment plus chez nous. Marlet et Luyindula seraient ils devenus des joueurs de seconde zone en enfilant le maillot blanc ?
2005 nous livre sa réponse : certainement pas. Déjà, à Lyon, Luyindula avait rassuré, le temps d'une mi-temps. A Lille, Marlet (1 but, 1 passe) avait signé presque à lui seul la victoire olympienne, aussi improbable qu'importante. Et contre Nice, il aura suffit de 15 minutes pour que Péguy Luyindula fasse presque oublier 5 mois de galère et de souffrances à Marseille. 2 buts somptueux, des occasions en or massif et une activité incroyable ont conquis le Vélodrome. Leur mission désormais : confirmer, pour achever de nous convaincre.
Derrière eux, la grande nouveauté de l'OM 2005, c'est le retour d'un numéro 10. Un pur, un vrai. Un numéro 10 placé au poste de numéro 10. Oui, je le dis et le repète, car c'est assez exceptionnel dans la Ligue 1 actuelle pour etre dit et répété. Samir Nasri creuse son trou et renvoie sur le banc des joueurs confirmés tels que Battles et Cheyrou. 1 passe pour Marlet contre Nantes, 1 but à Lille et 1 passe pour Luyindula contre Nice, ce sont les chiffres bruts. Mais au delà de ça, il y a indéniablement du génie chez ce joueur de même pas 18 ans. L'OM tient son joyau, il ne faudra pas le lacher avant longtemps.
Le 3-5-2
L'arrivée de Troussier signifie un retour au 3-5-2. C'est une dévidence si on connait le parcours de l'entraineur, qui a privilégié cette formation dans toutes ses équipes. Mais, si on se souvient de l'histoire récente de l'équipe phocéenne, ce retour au 3-5-2 n'est pas un détail.
2002-2003 : Alain Perrin prends l'équipe. Rapidement, il titularise Leboeuf en libéro derrière 2 stoppeurs : Van Buyten et Ecker ou Meité. L'OM finit 3ème de L1 et demi finaliste de la Coupe de la Ligue. 2003-2004. Perrin se lance dans le 4-4-2 avec Van Buyten et Christanval. L'OM s'enfonce durant l'automne et Perrin n'y résistera pas.
José Anigo prends alors l'équipe en charge, et dès son premier match revient au 3-5-2 avec Hemdani, Beye et Meité. En championnat, cela marchera moyennement (avec un bel exploit à Lyon tout de même), mais l'OM atteint sa 4ème finale européenne, en terrassant des légendes telles que Liverpool, l'Inter de Milan et Newcastle. 2004-2005, Anigo, ambitieux, impose un 4-4-2, sur les bons conseils de Lizarazu notamment. Mais le mois de nevembre fera à nouveau très mal à l'OM et à Anigo qui démissionne.
Troussier reprend en main l'équipe, remet le 3-5-2 au gout du jour, avec le succès que l'on sait, jusqu'à présent tout du moins. Est-ce une simple coincidence ? Bien entendu le 3-5-2 n'est pas la panacée ni la solution miracle, mais il faut bien reconnaitre que l'OM des années 2000 en a grand besoin pour avancer, tout du moins dans la configuration actuelle de son effectif.
Car, c'est une limite importante de l'effectif, l'OM brille par son manque d'arrière latéral de haut niveau. Oh certes, avec un des meilleurs spécialistes en France à droite, Ferreira, et le champion du monde français à gauche, Lizarazu, l'équipe semblait bien pourvue. Mais Ferreira perd de son tonus, et Lizarazu perd de sa motivation et finit par partir. Olembe et N'Diaye reviennent en grâce, une nouvelle fois, et s'imposent à des postes qui ne sont pas les leurs, avec plus ou moins de bonheur.
N'Diaye, joueur de mérite qui parvient à réimposer sa présence dans le 11 de départ, comme l'an passé, après pas mal de cirage de banc de touche, comme l'an passé. Comme quoi il ne faut jamais desespérer, hein Bixente.
Les points faibles
Bien entendu, tout n'est pas rose. Et ces deux victoires consécutives ne doivent pas nous embrumer l'esprit. Comment pourrait-on regarder sans le moindre oeil critique une équipe qui a été incapable de passer le moindre tour en Coupe, se voyant pourtant offrir deux rencontres à domicile qui, le tirage effectué, semblait ne pas devoir lui échapper ? Un tel manquement dans les matchs à "pression" peut nous laisser augurer d'autres problèmes, quand il faudra assurer le classement final. Oh certes, l'OM a bien tenu le choc à Lyon et Lille, et a su enfin mettre le public de son côté contre Nice. Mais Il y a 15 jours, l'OM était humilié dans son antre par une équipe de bas étage de la Ligue 2. Et le mal ne se guéri pas si facilement...
D'ailleurs, l'OM marque régulièrement le pas dans ses secondes périodes. Face à Angers, un horrible trou noir de 10 minutes lui fit encaisser 3 buts, ni plus ni moins. A Lille, si le penalty accordé aux nordistes étaient très généreux, l'activité de Moussilou était elle bien réelle, et a posé beaucoup de problèmes à la défense olympienne pendant 15 minutes. Face à Nice aussi, en seconde période, l'OM a baissé de pied et a laissé son adversaire reprendre le jeu à son compte. Résultat ? Les rares occasions niçoises, dont une reprise de Jankauskas à 5 centimètres du poteau droit de Barthez, auraient pu changer la physionomie du match. Surtout connaissant les niçois et leur faculté à remonter des situations impossibles (Monaco Nice en est l'exemple), et la faculté des marseillais à paniquer en encaissant un but.
Cette difficulté physique de l'équipe sera-t-elle corrigée avec le temps ? C'est certainement l'un des axes principaux de travail pour Philippe Troussier. Evidemment, l'enorme activité et pressing de l'équipe, désormais véritable marque de fabrique de l'OM du Sorcier Blanc, font mal aux jambes de nos joueurs. Mais il va impérativement falloir améliorer cette endurance, sous peine de déconvenues terribles.
Car que se passera-t-il si l'OM, tout en réalisant sa première période de feu, ne trouve pas l'ouverture ? Depuis 3 matchs, l'OM prend un malin plaisir à se faciliter la tâche dès le début. 2minutes 50 : Luyindula exploite eu erreur d'Abidal et transperce les filets lyonnais en deux temps. A Lille, 2 minutes 35 : un coup franc de Pedretti est dévié par Beye et retouché au final par Marlet qui surprend le gardien lillois. Contre Nice enfin : 2 minutes 10, Nasri récupère un ballon de Costa, s'enfonce, dribble et décale Luyindula qui ne se pose pas de question et place sa frappe au ras du poteau de Gregorini. Ces trois dernières journées l'OM a donc réalisé des entames de matchs tonitruantes. Et c'est indéniablement un point fort.
Mais il pourrait très vite se transformer en gros point faible, face à des équipes mieux organisées. Si l'OM ne parvient pas à créer la différence dans ses débuts de matchs, que lui arrivera-t-il ? Car il ne faut pas se leurrer, l'OM ne marquera pas à la 3ème minute de chacune des 17 journées qui l'attendent. Là aussi on le voit bien, la constance est à trouver.
Enfin ; c'est une remarque du truculent André De Rocca que je partage totalement ; si le trio défensif de l'OM semble impeccable dans le jeu, il est bien moins à l'aise dans les coup de pieds arrêtés, qui ont fait tellement mal au club depuis quelques mois. Il ne faut pas oublier les chaudes alertes sur le but de Barthez (notamment Agali dimanche dernier à la 8ème minute) qui ne manquent pas d'arriver à chaque match. Non l'OM n'est pas en place sur les phases défensives arrêtées, et il faut espérer que notre sorcier en a conscience.
La vérité comptable
Monaco 13
Toulouse 11
Marseille, Auxerre 10
St Etienne, Lyon, Paris SG 9
Lille 8
Lens, Nice 7
Istres, Metz, Rennes 6
Ajaccio, Nantes, Strasbourg 5
Bordeaux 4
Sochaux 2
Bastia, Caen 1
Ce classement virtuel, c'est celui des cinq derniers matchs. C'est celui de l'OM de Philippe Troussier en somme, depuis son match à Caen. Et on le voit, malgré un rythme très honorable, l'OM n'a pas repris de points sur Auxerre depuis ces 5 matchs, et en a meme perdu face à Monaco et Toulouse, 2 rivaux presque directs pour la C1. C'est un point de vue qui permet de relativiser immédiatement la bonne dynamique actuelle, et de se dire avant tout que tout reste à faire.
Pour cela, l'OM n'a plus que le championnat à jouer, là où Lyon et Monaco ont la C1 et Lille, Auxerre et Sochaux ont la C3, sans oublier les coupes nationales. C'est une évidence, les adversaires directs de l'OM trouveront dans ces compétitions des sources de fatigue, de blessures. Alors, l'OM devra savoir exploiter à fond cet avantage et ce calendrier allégé.
Le calendrier actuel semble plutôt favorable à l'OM mais il faut s'en méfier. D'un calendrier à priori très défavorable, l'OM a retiré 4 points de Lyon et Lille. Et on le sait pourtant très capable de perdre à Metz à Toulouse, dans des stades surchauffés et à guichets fermés. La facilité d'un calendrier ne se mesure en fait qu'une fois les matchs joués, et nous en saurons bien plus sur les capacités du club dans 10 jours, après trois matchs (à Metz, contre Sochaux et à Toulouse) qui peuvent être un réel tournant dans la saison du club, ou bien un nouveau coup d'arrêt et une nouvelle douche écossaise sur les ambitions marseillaises.
Mais au moins, on peut regarder l'avenir avec espoir et ambition, et c'est cela la nouveauté de l'OM 2005. Pourvu que ça dure !
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